Cedeao : Le Maroc disposé à adopter la future monnaie unique

Marcel De Souza en visite, à Rabat, a déclaré que Sa Majesté, le roi Mohammed VI a, dans une lettre, indiqué que « le Maroc s’engage à l’adhésion à une monnaie unique le jour où elle sera adoptée par la Cedeao ». Il a précisé que la mise en place de cette monnaie unique devrait prendre une dizaine d’années. En outre, le Maroc devra également adhérer au schéma de libéralisation des échanges et au tarif extérieur commun de l’organisation.

Le président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedao), Marcel De Souza, en visite à Rabat (Maroc), a annoncé, mardi 29 août 2017, que le royaume chérifien était disposé à adopter la future monnaie unique de la Cedeao, trois mois après l’accord de principe pour l’adhésion du Maroc à l’organisation sous-régionale. La visite du président de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Marcel De Souza, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la décision de l’accord de principe pour l’adhésion du Maroc à l’organisation communautaire régionale au mois de juin dernier à Monrovia. La rencontre avec Nasser Bourita, le chef de la diplomatie marocaine, était aussi l’occasion de discuter du reste du processus avant le sommet de Lomé car c’est dans la capitale togolaise que ledit accord de principe devrait être confirmé, c’est-à-dire le 16 décembre prochain. Lors des échanges, Marcel De Souza a indiqué que c’est un préjugé favorable pour le royaume chérifien d’annoncer sa volonté d’adopter la future monnaie unique de la Cedeao. Mieux, M. De souza a déclaré que Sa Majesté, le roi Mohammed VI, a, dans une lettre, indiqué que « le Maroc s’engage à l’adhésion à une monnaie unique le jour où elle sera adoptée par la Cedeao ». Il a précisé que la mise en place de cette monnaie unique devrait prendre une dizaine d’années. En outre, le Maroc devra également adhérer au schéma de libéralisation des échanges et au tarif extérieur commun de l’organisation.

Les avis des politologues et autres analystes économiques réputés sont partagés sur l’adhésion du royaume chérifien à la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Si beaucoup se réjouissent d’une probable hausse de l’engagement économique et/ou d’une éventuelle embellie des échanges commerciaux et des investissements du Maroc dans l’espace communautaire ouest-africain, force est de reconnaître que le royaume chérifien n’a pas eu besoin d’être membre à part entière de l’organisation communautaire ouest-africaine pour « établir une présence économique impressionnante dans la région en une décennie ». Les nombreux accords bilatéraux existants couvrant divers domaines, complétés par un accord spécifique conçu et négocié entre les deux parties, « suffiraient à renforcer encore davantage les liens économiques, commerciaux mais aussi politiques et culturels », selon le magazine « Jeune Afrique » dans une de ses livraisons.

Toutefois, compte tenu « des différences évidentes entre les niveaux de structuration, de diversification, de modernisation des économies » des deux parties prenantes (Maroc et Cedeao), un statut particulier de « partenaire stratégique privilégié » accordé par l’organisation communautaire au royaume tel qu’annoncé et soutenu auparavant lors de l’introduction de la requête d’adhésion par Marcel Alain De Souza, « aurait peut-être été plus approprié et aurait pu ouvrir une période d’approfondissement des relations sur tous les plans avec la formation d’une vision claire, des deux côtés, des avantages espérés ». Mais les 15 chefs d’Etat de la Cedeao, à qui revenait le dernier mot, ont pris en toute responsabilité et souveraineté la décision qu’ils ont jugée la meilleure et la plus opportune faisant du Maroc le 16e Etat membre de l’organisation communautaire régionale, sera officialisée lors du prochain sommet de l’organisation prévu le 16 décembre au Togo, à Lomé. Le chemin sera certes long et le chantier pharaonique car derrière le futur traité d’adhésion se cache un travail considérable d’harmonisation tarifaire et monétaire sans oublier la gestion des flux humains. Toutefois, les assurances du Maroc qui serait disposé à adhérer à une future monnaie unique de la Cedeao inspirent optimisme quant à une coopération multipartite gagnant-gagnant du pôle nord-ouest africain. Les relations multiséculaires du royaume chérifien avec bon nombre de pays de l’espace ouest-africain dont le Sénégal faciliteront, à coup sûr, l’atteinte des objectifs assignés par les parties prenantes.

Le Soleil